Oh que oui le fameux ‘‘X’’ peut changer de place.
Avant que je commence à rêver
En secondaire 4 ou 5, j’ai eu une rencontre avec l’orienteur de l’école. Tous les tests et les questions auxquelles j’ai répondu, m’ont menée nul part. Mon profil atypique donnait mal à la tête à ce pauvre conseiller et je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie. Ça changeait chaque jour. J’avais tellement d’intérêts différents que ce qui semblait logique était de passer ma vie sur les bancs d’école. C'était mon job de rêve, mais ce ne fût pas ma voie.
Vire pis vire encore tout ça dans ma tête
J’ai toujours travaillé comme salarié par sécurité. J’ai accueilli mes fils très tôt dans ma vie et j’avais des responsabilités d’adultes. Rapidement, la paye qui était déposée dans mon compte chaque semaine ne suffisait plus. Je terminais mes journées sans énergie, je perdais mon sens de l’humour et plus rien ne m’intéressait. En 2004, c’est la dépression majeure qui m’a passé un message: ‘’ Où tu t’en va comme ça ? ‘’ Je ne le savais pas, mais il était temps de le découvrir. Souffrir sans comprendre vraiment pourquoi, ce n’était pas la vie que je souhaitais vivre.
Porter l’unique
En 2005, j’ai travaillé pour une compagnie d’accessoires mode. J’aimais les bijoux que je vendais mais je voulais porter des pièces plus uniques. J’ai décidé de fabriquer propre gamme de bijoux avec une touche d’élément écodesign. Ayant l’écologie à cœur, je récupérais des pièces variées pour les intégrer dans mes créations. Porter mes œuvres me procurait une grande fierté! Un jour, le déclic s’est fait et j’ai mis au monde MB Art et Bijoux ÉcoDesign. J’ai eu ma boutique en ligne quelques années. Les revenus ne suffisaient pas pour mettre de la nourriture sur la table, mais ce fût une belle expérience. Aujourd’hui, je crée encore mes bijoux personnels car je souhaite l’unicité et je vends, timidement, les bijoux restants de l’époque où j’avais ma boutique.
Un sac pour toi
Après les bijoux, j’ai confectionné des sacs en jeans recyclés. Aussitôt terminé, aussitôt vendu. J’ai eu un succès fou; j’avais des demandes spéciales qui m’arrivaient dans tous les sens. J’ai raccroché ma sacoche assez rapidement parce que je n’y arrivais pas. À cette époque, je ne pouvais pas m’en permettre plus. Je suis toutefois fière de ce que j’ai créé; l’unicité et l’originalité alignées avec la valeur écologique que je porte en mon cœur.
Quelques coups de pinceaux
L’art m’a toujours fait un bien fou et la peinture me faisait de l'œil. Mes œuvres, quoique abstraites, ont suscité de l’intérêt. J’ai vendu plusieurs toiles, mais je n’assumais pas ma valeur. Je couvrais à peine le coût du matériel; c’est à perte que je travaillais. Je peins encore à ce jour pour mon plaisir personnel. Si une personne souhaite acquérir une de mes œuvres, elle demande et j’honore ma valeur en toute confiance. Les clients potentiels viennent d’eux même.
La complice TPL
Il y a quelques années, j’étais: ‘’La complice TPL’’. J’avais mon bureau dans une clinique bien-être. J’ai offert des soins access bars et fait des plans d’intervention adaptés pour alléger le quotidien de gens qui souffraient en silence. Étant une femme qui vit avec des troubles de santé mentale, je savais comment faire pour rendre la vie plus fonctionnelle grâce à des routines personnalisées. Cette fois, j’ai arrêté de pratiquer parce que j’étais persuadé que mes finances ne suffisaient pas. Avec le recul, je sais que j’aurais réussi; j’ai eu peur.
Une Bouchée de bon sens
Une alimentation saine, c’est très important pour moi. De plus, j’adore passer du temps en cuisine pour tester des recettes et préparer les collations pour la semaine. Je trippe tellement que j’ai mis au monde ma compagnie de traiteur; ‘’ Une Bouchée de Bon Sens ‘’. J’offrais des collations, des plateaux de bouchées, des amuse-gueules prêts à manger et fraîchement sortis du four. J’étais seule dans les plats et je me suis laissé décourager par la charge de travail. Je ne pouvais pas me lever à 4h du matin et finir à 19h chaque jour. Ma santé ne me le permettait pas. J’ai encore tourné la page.
Espace OPM, Jardinière-herboriste
C’est dans cet espace que j’ai choisi de ralentir il y a 5 ans. Ma santé physique et mentale sont devenus ma priorité. J’ai décidé de marcher au lieu de courir et de vivre au présent. Le jardinage, la cueillette, la transformation sont mes thérapeutes naturels. Les bienfaits et la satisfaction de jouir d’une autosuffisance partielle est un réel trésor que je chéri chaque jour. L’espace OPM (Ô P’Tits Miracles) me donne des aliments sains et des fleurs pour créer mes infusions. Ce sont ces dernières qui suscitent l’intérêt des gens. C’est un produit saisonnier très apprécié et surtout efficace.
Écho Renaissance
Aujourd’hui, je suis écrivaine et artisane maraîchère. Je publierai mon premier livre en Mai 2026. Je crée des cartes de souhaits avec des fleurs que je cueille et fais sécher. J’invite les gens à ralentir, respirer et s’ancrer dans le moment, ici et maintenant. Écrire en me basant sur ma vie, c’est ma façon d’outiller mon prochain. L’art, c’est ma manière de rendre mon univers plus vivant. Le slow living est un mode de vie que je souhaite rendre contagieux.
Et si j’étais le ‘’X’’
Partout où j’ai posé le pied, j’ai trouvé mon ‘’X’’. J’ai eu du plaisir à créer, cuisiner, cultiver. J’ai appris à travers les essais, les erreurs et les abandons. Je me remercie d’avoir osé plusieurs fois. Je peux tout faire et peu importe où je suis, le fameux ‘’X’’ est en moi. Je suis une entrepreneure nomade de cœur et d’esprit. Je me pose là où mon intuition a la possibilité de prendre de l’expansion.
Je ne cherche plus le dit ‘’X’’. J’ai cessé d’écouter les autres pour entendre ma voix.