Choisir sa vie plutôt que de la subir
Il était une fois moi…
Je m’appelle Mélissa Béland et je suis maman de 2 jeunes hommes de 21 et 24 ans. Je suis une femme neuroatypique, passionnée par la cuisine, l’écriture, la psychologie, l’art, le développement personnel, le jardinage, les médecines alternatives et tout ce qui s’étudie. J’ai un besoin d’apprentissage inassouvie et ma curiosité ne veut pas manquer une opportunité d’ouvrir ses horizons. Il y a beaucoup de place dans cette tête là, je vous le dis. Si je pouvais être payé pour étudier, j’en aurais fait mon métier.
L’art de vivre en harmonie
Je suis écrivaine autobiographique et artisane maraîchère. Je passe beaucoup de temps dans mon atelier afin de créer, pièce par pièce, une vie qui me ressemble. Mon processus de création passe par l’écriture, la peinture et le collage. Ce sont mes émotions qui sont déversées dans mes œuvres, librement et sans contraintes. Quand je jardine, je suis en phase avec la nature et l’honore du mieux que je peux. Grâce au séchage des fleurs pour les cartes de vœux et celles récoltées pour les infusions que je vends, je donne un second souffle à mes efforts.
Le Slow living, le rythme à ma tortue imaginaire et moi
Suite à quelques embardés tumultueuses, j’ai loussé la pédale d’accélérateur et je suis sorti de mon bolide de course pour marcher à côté de ma tortue imaginaire.
Ralentir pour me sentir libre de vivre ma vie et non soumise à celle-ci fût le plus beau cadeau à me faire. J’ai choisi consciemment la qualité, la sérénité, la reconnection à ma vraie nature plutôt que la quantité, le bruit et l’inaccessibilité.
Quand le corps impose son propre tempo
Je vis avec des défis physiques quotidiens depuis plus de 15 ans, dont la polyneuropathie périphérique. Mon éventail d’activités a beaucoup diminué depuis les 5 dernières années et je me sens seule dans cette étape de ma vie. Pour la grande sportive que j’étais, l’idée d’aller marcher me donnait des nausées comme si ce doux enchaînement de pas n’était pas convenable, pas assez … juste pas assez impliquant pour moi.
Par contre, lorsque mon corps me cloue littéralement sur place, ce n’est plus moi qui décide; je marche. Si j’essayais de courir, l’inflammation prendrait d’assaut l’ensemble de mon être. La souffrance physique créerait une détresse psychologique et le repos serait exigé. Pour éviter de me faire imposer quelque chose, je fais mes choix en tenant compte des signaux que mon corps m’envoie.
Aujourd’hui, avec la pratique, j’ai trouvé du sens à mes pas. Que ce soit la force de marcher 1 minute de plus ou un moment d’ancrage au moment présent, la marche me guide vers la lumière en moi. Quand je prends conscience des battements de mon cœur, de la pression de mes pieds dans mes chaussures et du poids de mes bras qui se balancent, je sais que je vis totalement ce hobby et je le choisirai encore demain comme guide.
Maux invisibles; le bon mode d’emploi
Pour moi, vivre avec des troubles de santé, physique et mentale, m’a permise d’être la femme résiliente, bienveilante que je suis devenue. Il y a 14 ans, quand j’ai reçu les diagnostics de trouble de personnalité limite, de cyclothymie, de trouble panique et d’un trouble stress post traumatique; j’ai ressenti un gros soulagement. Je savais enfin …
Un autre étiquette est venu s’apposer dans mon panneau de contrôle central; la douance. Je dis étiquette pour l’image mais j’aurais pu dire une autre icône s’est ajoutée ou un témoin clignotant. Bref, je vis avec la douance. Toutes les fois où je me suis sentie en décalage dans ma vie, avaient leur raison d’être. C’est validé et moins invalidant en le sachant!
Pour moi les étiquettes médicales sont comparables à un bon mode d’emploi à suivre. Avant de faire n’importe quoi, je relis les directives.
Apprivoiser ma machine, un réglage à la fois
Est-ce que je suis guérit ? Non, mais je vis au lieu de subir et je suis devenue proactive au lieu de réactive. Chaque trouble demande son ajustement et ma machine est toujours en ‘’work in process’’ . L’amélioration et le progrès demande beaucoup d’amour et je m’y applique chaque jour.
Mon langage depuis toujours
Je plonge dans le monde des blogues avec beaucoup d’humilité. Je suis une femme qui a besoin de contribué et vu qu’écrire est ma première langue, ce choix semblait être une façon appropriée pour moi d’y parvenir.
Ma vie est un roman d’amour et d’action. Un recueil poétique de fluctuations émotionnelles et de drames surmontés. C’est une histoire de courage, d’espoir et de force tranquille qui peut se retrouver en chaque personne qui souffre en silence.
J’ai trop souvent entendu des gens me dire : ‘’ ça doit être difficile de vivre comme ça… ‘’ C’est là que la maman, la femme, la conjointe, l’entrepreneure et l’artisane hurlent en moi: ‘’ Si tu veux vivre une belle vie et ce, peu importe ta condition, tu devras t’adapter, essayer autre chose et faire autrement.
J’ai une routine de vie adaptée à mes besoins. J’ai créé mon coffre à outils en incluant un double fond pour les futurs outils innovants que je viendrai déposer. J’ai appris et apprends encore sur mes maux. Le plus difficile dans ma vie, c’est de dire non. Je le fais pour respecter mon corps, mais le processus d’acceptation n’est pas encore conditionné.
Faire le deuil d’une vie dite “normale”
J’ai troqué tous les sports que je pratiquais (softball, quilles, volleyball, pickleball) pour une pratique douce de méditation, de yoga restaurateur et la marche. Parfois, je danse dans ma cuisine parce que ça me fait du bien de me sentir libre de bouger.
Ai-je fait mon deuil d’avoir une vie ‘’normale’’, sans pots de pilules ni douleurs ? Oui! À vrai dire je ne me rappelle plus quand je n’ai ressenti aucune douleur dans mon corps ou contraintes émotionnelles. C’est ma normalité à moi ! J’ai résisté et je faisais comme si j’étais invincible trop longtemps. Aujourd’hui, j’ai lâché prise et je me sens 1000 fois mieux.
Le secret est dans la résilience, la bienveillance et le respect de mes limites. Je consulte mon mode d’emploi et j’applique. Je me plais à dire que je suis une édition limitée comme les vieux chars; les pièces doivent être peaufiner une à une pour que l’œuvre soit d’une valeur inestimable.